Ce même jour, le 25 juin, mais en 1963, naissait George Michael, étoile discrète mais inoubliable de la pop britannique. Avec Wham!, il a incarné l’exubérance des années 1980, avant de révéler en solo une voix à la profondeur saisissante, une âme sensible, souvent blessée, toujours sincère.
George Michael chantait la liberté, l’amour interdit, la solitude, le manque. Il a transformé sa vulnérabilité en force artistique. Dans des morceaux comme « Careless Whisper », « Jesus to a Child », « Freedom! ’90 », il offrait au public non pas des refrains à la mode, mais des confessions sublimes.
Homme pudique dans une industrie vorace, il a longtemps dû cacher son homosexualité avant de l’assumer fièrement. Il est devenu malgré lui, puis par choix, une icône queer, un symbole de courage intime. Sa voix, soyeuse et vibrante, caressait autant qu’elle bouleversait.
George Michael était un romantique moderne, un poète pop, un homme de contradictions et de lumière. Il laisse derrière lui une œuvre élégante, habitée, intemporelle.
Le 25 juin 2009, la planète s’est arrêtée. Michael Jackson, le Roi de la Pop, venait de s’éteindre à Los Angeles. Sa disparition n’était pas seulement celle d’un chanteur, mais celle d’un phénomène culturel mondial.
Dès l’enfance, il avait été façonné sous les projecteurs, éduqué à la dure, mais doté d’un génie incandescent. Il a transcendé les frontières raciales, artistiques et médiatiques, devenant une figure planétaire. Il a parlé aux enfants du monde, aux rêveurs et à tous ceux qui se sentent à la marge.
Avec « Thriller », « Billie Jean », « Earth Song » ou « Man in the Mirror », il a marié la pop à la danse, la conscience sociale au clip vidéo, la performance au spirituel. Michael Jackson ne chantait pas, il invoquait l’émotion brute, l’humanité souffrante et la beauté de l’instant.
Sa vie fut une épopée tragique : enfant superstar, adulte enfermé dans l’ultra-célébrité, génie fuyant la réalité. Mais son œuvre, elle, reste vivante, palpitante, transcendante. Chaque génération le redécouvre. Il est à jamais cet éclat entre deux notes, cette silhouette glissant sur scène, ce cri d’enfant devenu hymne planétaire.
Chaque 21 juin, la France et de nombreux pays résonnent au rythme des voix, des instruments et des corps en mouvement. Cette date, qui marque le solstice d’été, jour le plus long de l’année, célèbre aussi l’art le plus spontané et universel : la musique. Née d’un idéal de partage, la Fête de la Musique est aujourd’hui un événement planétaire qui transcende les genres, les langues et les frontières.
Origines françaises d’une fête populaire
La Fête de la Musique a été créée en 1982, sous l’impulsion de Jack Lang, alors ministre de la Culture, et du musicien Maurice Fleuret. L’idée était simple et révolutionnaire : faire descendre la musique dans la rue, offrir à chacun, amateur ou professionnel, la possibilité de jouer en public, gratuitement.
L’inspiration viendrait d’un rapport montrant que cinq millions de Français jouaient d’un instrument sans jamais se produire en public. Le ministère lança donc le slogan devenu célèbre : « Faites de la musique ! » – un jeu de mots devenu emblème.
Dès la première édition, le 21 juin 1982, les rues se sont animées de concerts improvisés. L’engouement populaire fut tel que l’événement s’est pérennisé, devenant un rendez-vous annuel incontournable.
Une fête exportée dans le monde
Dès les années 1990, la Fête de la Musique s’exporte dans plus de 120 pays. De Berlin à New York, de Bamako à Tokyo, elle devient un symbole d’unité, un langage commun qui transcende les différences. De nombreuses villes organisent désormais cette fête sur le modèle français, et certaines capitales en ont fait une tradition nationale.
En 2025, on dénombre plus de 1 000 villes dans le monde où des scènes de rue, des orchestres citoyens ou des DJ sets font vibrer les quartiers.
Une bande-son humaniste à travers les âges
La Fête de la Musique célèbre toutes les musiques, du classique au rap, de la musique du monde au rock indépendant. Mais certaines chansons, par leur puissance universelle, accompagnent l’esprit de cette journée :
La Suède, bien que petit pays, a profondément marqué l’histoire de la musique pop contemporaine. DeABBA àRobyn, en passant par Roxette, Ace of Base ou Avicii, la scène suédoise a su imposer une signature sonore mêlant mélodies accrocheuses et production de haute qualité.
La Suède est aussi un des plus grands exportateurs mondiaux de musique par habitant. Elle incarne une tradition d’éducation musicale forte, d’accès facilité aux outils de création, et une capacité à parler au monde entier avec une simplicité émotive. Dans l’esprit de la Fête de la Musique, ces artistes suédois rappellent que la pop peut être populaire sans être vide de sens : un vecteur de joie, de mémoire et d’universalité.
Le 9 juin 2025, Sly Stone, visionnaire du funk et figure centrale de la contre-culture musicale américaine, s’est éteint paisiblement à l’âge de 82 ans, chez lui à Granada Hills, Los Angeles. L’annonce de sa mort, suite à de longues années de lutte contre la BPCO et d’autres problèmes de santé, a bouleversé l’univers musical. Il était entouré de ses trois enfants, de son ami proche et de sa famille élargie. « Son héritage musical extraordinaire continuera de résonner et d’inspirer pour les générations à venir« , a déclaré sa famille.
Les racines d’un prodige
Né Sylvester Stewart en 1943 au Texas, dans une famille pentecôtiste, il grandit dans la baie de San Francisco, où il chante dès l’enfance avec ses frères et sœurs dans le groupe gospel familial, The Stewart Four. Il se distingue rapidement par sa polyvalence : organiste, guitariste, batteur, bassiste, DJ à la radio KSOL, producteur pour des groupes rock comme The Beau Brummels… Avant même 25 ans, il avait déjà exploré tous les rôles possibles de la chaîne musicale.
Sly and the Family Stone : une révolution sonore et sociale
En 1966, il fusionne son groupe Sly & the Stoners avec celui de son frère Freddie pour fonder Sly and the Family Stone. L’alchimie est unique : une formation mixte, raciale et sexuelle, où femmes et hommes, noirs et blancs, partagent la scène dans une Amérique encore très ségrégée. Leur son, un mélange fébrile de soul, rock psychédélique, gospel et funk, crée un courant nouveau.
Dès 1967, le tube « Dance to the Music » impose leur style. Suivront des classiques éternels : « Everyday People », « Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin) », « Family Affair », « Hot Fun in the Summertime », « I Want to Take You Higher ». Leurs performances à Woodstock et au Harlem Cultural Festival (immortalisé par le documentaire Summer of Soul) restent parmi les plus mythiques de l’histoire de la musique live.
Citations marquantes
“The key to life is not accumulation. It’s contribution.” — Sly Stone
“Music is the thing that makes you come alive, that makes you human.”
Messages politiques, rythmes prophétiques
Derrière les grooves irrésistibles, les textes de Sly Stone portaient un message puissant : paix, unité, égalité. Il dénonçait le racisme et les inégalités sociales avec humour, intelligence et ferveur. « Stand! », « Everyday People », « Everybody Is a Star » sont autant d’appels à l’émancipation collective. Son funk n’était pas qu’un rythme, c’était une posture.
En 1971, son chef-d’œuvre « There’s a Riot Goin’ On » marque une rupture : introspectif, sombre, électrisant. Un album solo déconstruit, fait à l’aide d’une des premières boîtes à rythme. Sly s’y isole, au bord de la paranoïa, mais livre un manifeste d’époque, lucide sur la fin des illusions post-68.
Génie créatif et chute
Avec l’album « Fresh » (1973), il livre son dernier grand disque. La suite est plus chaotique. Addictions, absences sur scène, frictions internes font imploser le groupe en 1975. Il continue à publier sous le nom Family Stone, mais l’étincelle s’estompe. Après « Ain’t But the One Way » (1982), les sorties se font rares.
Son influence, elle, ne faiblit jamais. Des artistes comme Prince, Questlove, DJ Premier, Queen Latifah ou Anderson .Paak le considèrent comme un maître spirituel. Il est l’un des artistes les plus samplés de l’histoire, un pont vivant entre gospel, funk, rock et hip-hop.
Rédemption tardive, reconnaissance tardive
Après des années de silence, il réapparaît aux Grammy Awards 2006 pour un hommage bouleversant. En 2011, il sort « I’m Back! Family & Friends », où il revisite ses classiques. Mais ses années sont marquées par la pauvreté, vivant dans un camping-car à Los Angeles. Il obtient gain de cause en justice contre son ex-manager en 2015, mais ne percevra jamais l’argent.
Son autobiographie, « Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin)« , parue en 2024, est saluée pour sa sincérité, son humour, sa lucide tendresse. Il y écrivait :
« Je suis fier que ma musique ait inspiré des gens. C’était tout ce qui comptait. »
Un héritage immortel
Sly Stone laisse derrière lui une discographie brève mais d’une densité rare, où chaque morceau est un geste, une revendication, un groove.
Il fut tout à la fois producteur, poète, prêcheur, expérimentateur. Il fut un miroir d’une Amérique brisée, mais aussi un phare pour ses guérisons futures. Son funk était une vision, son silence, un cri, et son œuvre, une prophétie musicale.