đ Une cĂ©lĂ©bration rĂ©cente aux racines profondes
La FĂȘte des PĂšres telle qu’on la connaĂźt en France a Ă©tĂ© officiellement instaurĂ©e en 1952. Cette initiative ne vient pas dâun dĂ©cret gouvernemental ni dâune tradition populaire, mais dâune campagne marketing de la marque de briquets Flaminaire, qui voyait lĂ une opportunitĂ© de dĂ©velopper ses ventes en juin. Le succĂšs commercial a rapidement entraĂźnĂ© une reconnaissance institutionnelle, inscrivant cette fĂȘte dans le calendrier national.
Mais si la fĂȘte est rĂ©cente, la figure paternelle, elle, traverse les siĂšcles et les civilisations.
đïž Le rĂŽle du pĂšre dans lâhistoire
Depuis lâAntiquitĂ©, le pĂšre occupe une place centrale dans lâorganisation sociale et familiale. Ă Rome, le « pater familias » dĂ©tient un pouvoir absolu sur les siens. Dans la tradition judĂ©o-chrĂ©tienne, le pĂšre est la figure dâautoritĂ© morale, protecteur et guide spirituel. Ce modĂšle se prolonge durant des siĂšcles en Europe, Ă travers la monarchie de droit divin et lâorganisation patriarcale de la sociĂ©tĂ©.
Dans lâAncien RĂ©gime, le pĂšre est le garant de lâordre familial : il transmet le nom, le patrimoine, lâhonneur, et exerce une autoritĂ© souvent incontestable. Cette vision sera progressivement remise en question au fil des bouleversements sociaux et politiques des XIXe et XXe siĂšcles.
âïž De la toute-puissance Ă la responsabilitĂ© partagĂ©e
Ă partir du XXe siĂšcle, le rĂŽle du pĂšre commence Ă se redĂ©finir. La « puissance paternelle » disparaĂźt du Code civil en 1970, remplacĂ©e par lâ »autoritĂ© parentale conjointe ». Ce changement reflĂšte lâĂ©volution des mentalitĂ©s, notamment sous lâinfluence des mouvements fĂ©ministes, de l’Ă©volution des modĂšles familiaux, et de la prise en compte croissante des droits de lâenfant.
Aujourdâhui, le pĂšre nâest plus uniquement une figure dâautoritĂ© ou de distance. Il est aussi perçu comme un acteur affectif, Ă©ducatif, impliquĂ© dans le quotidien. Cette Ă©volution se traduit dans les congĂ©s parentaux, la justice familiale, les discours Ă©ducatifs et les reprĂ©sentations mĂ©diatiques.
đšâđŠ Une fĂȘte qui cĂ©lĂšbre le lien et la prĂ©sence
La FĂȘte des PĂšres est donc plus quâun simple hommage commercial. Elle est devenue un moment symbolique pour cĂ©lĂ©brer la relation, la prĂ©sence, l’engagement. Elle souligne l’importance d’un pĂšre prĂ©sent, attentionnĂ©, capable d’Ă©couter et d’accompagner.
Elle est aussi lâoccasion dâhonorer toutes les formes de paternitĂ© : biologique, adoptive, sociale. Car ĂȘtre pĂšre, câest avant tout un engagement, une responsabilitĂ©, et un lien qui se construit dans le temps.
« Ătre pĂšre, ce nâest pas seulement transmettre la vie, câest donner un sens Ă la vie transmise. »
đ Symbolique contemporaine et enjeux sociaux
Dans une Ă©poque marquĂ©e par les recompositions familiales, la reconnaissance des familles homoparentales, ou encore les enjeux autour de lâĂ©galitĂ© des rĂŽles parentaux, la FĂȘte des PĂšres prend une signification Ă©largie. Elle interroge notre vision de la parentalitĂ© et des modĂšles dâĂ©ducation.
En parallĂšle, de nombreuses initiatives cherchent Ă redonner leur place aux pĂšres dans les politiques publiques, notamment en matiĂšre de congĂ©s paternitĂ© ou dâaccompagnement post-sĂ©paration. La France a rĂ©cemment prolongĂ© le congĂ© paternitĂ© Ă 25 jours (depuis 2021), signe dâune reconnaissance accrue de leur rĂŽle dĂšs la naissance.
đ Une tradition chaleureuse
Quâil sâagisse de partager un repas, dâĂ©crire une carte, dâoffrir un petit cadeau ou simplement de dire « merci », cette journĂ©e reste une belle occasion de renforcer les liens familiaux. Dans une sociĂ©tĂ© de plus en plus fragmentĂ©e, la reconnaissance des figures parentales joue un rĂŽle stabilisateur et affectif essentiel.
Chaque troisiĂšme dimanche de juin, la FĂȘte des PĂšres invite Ă rĂ©flĂ©chir Ă la place du pĂšre dans notre vie, dans notre sociĂ©tĂ©, et dans notre cĆur.